Monday, December 03, 2007

L'analyse systémique donc.Tactac, Wikipédia:

"L'analyse systémique est un champ interdisciplinaire relatif à l'étude d'objets complexes réfractaires aux approches de compréhension classiques.

En particulier, dans certains cas, le schéma de causalité linéaire classique n'est pas opérant pour rendre compte du fonctionnement d'un ensemble, qu'il s'agisse d'un être vivant, d'un système électronique de régulation de température, ou autre.

Face à ce type de problème, il est nécessaire d'adopter :

  • une démarche globale, en s'attachant davantage aux échanges entre les parties du système qu'à l'analyse de chacune d'elles
  • en raisonnant par rapport à l'objectif du système (téléologie)
  • en établissant les états stables possibles du système"

Je m'arrête là, le détail n'est pas important. J'applique à un niveau subconscient ces trois points sur... Je sais pas, tout. L'harmonie globale, le but et la stabilité sont des valeurs très fortes chez moi.

La démarche globale par exemple. Dans un post précédent San1080 s'attache à l'analyse d'une partie (la beuh) du système "drogues" si je puis dire, alors que je m'attache à l'ensemble du système en ayant le raisonnement suivant: les adultes ont besoin de soupapes pour décompresser qui peuvent être très addictives mais peu importe, ils en ont besoin pas de sentiments, analyse. Légaliser une des soupapes les moins nocives (voir un peu bénéfique tout comme l'alcool) est raisonnable et applicable. Non ? Alors legalize.

Et pourtant je passe un peu pour un taré. Alors que je ne fais que réfléchir de façon systémique. Un peu raisonnement de base en fait. Mais ça marche plutôt pas mal. Je sais ça s'appelle le bon sens, mais aujourd'hui ces deux mots ne veulent rien dire. La métaphore dans un monde complexe n'a que peu de sens justement.

*merde encore une analyse glaciale* (grillée lors de la relecture)

Pourquoi je suis comme ça ? Parce que c'est la seule manière d'exister et d'être en paix avec des univers et des milieux totalement différents et inconnus, ce que j'ai toujours vécu, intrinsèquement presque, grâce à mon adoption. Ca pousse à la discrétion, au silence, à l'observation et à éviter de faire des conneries qui pourraient nuire au long terme.

Ce qui est bien avec l'AS c'est que ça élimine toute "la mauvaise subjectivité": pleins de fois réfléchir de cette manière m'a amené à me retrouver en total contradiction entre ce que je croyais voulais bon et ce que l'analyse froide et dure m'indiquait. J'ai toujours switché mon comportement une fois l'analyse faite. Je ne triche pas. Je ne me mens plus.

Ce qui rejoint ce que disais Jon dans mon post précédent: l'analyse des systèmes à tendance à créer de la vérité ou au moins de la consistance, c'est vrai pour les systèmes de jeux (l'analyse des systèmes de jeux, c'est jouer) c'est vrai pour le système social (l'analyse du système social, c'est vivre en société), etc... Ce qui donne envie de les parcourir dans tout les sens, avec grand plaisir.

Deux questions émergent avant que je ne lâche le clavier: pourquoi les gens intelligents que je cotoie ne raisonnent pas plus souvent de cette manière ? Et deuxième question plus perso: je me demande bien ce que je vais être dans dix ans.

posted @ 10:20 PM | Feedback (0)

Depuis la semaine dernière je suis sous le choc de la keynote de Jonathan Blow au MIGS de Montreal. Jonathan est game designer et programmeur indépendant sans aucun gros CV mais avec une philosophie et une vision du jeu qui fait frémir tant elle est... Consistante. En plus il ressemble grave à un pote. 

Jonathan a mis à disposition du public son speech ainsi que les slides qui vont avec et c'est obligatoire pour toute personne du gamedev.

Que dire... J'ai une hâte non dissimulée de jouer à son jeu qui sort l'année prochaine sur XBLA et PC. Il met le doigt sur ce qu'il nous manque. Déconstruit avec une facilité déconcertante deux blockbusters WoW et Bioshock. En tout bien tout honneur.

Le lien avec l'affaire Gamespot, c'est qu'en écoutant Jonathan, en tant qu'acteur du milieu je me dis qu'on balbutie encore. Grave. Et pourtant on a des dizaines de site traitant de l'actualité des jeux, des centaines de journalistes qui parlent, écrivent et sont payés à examiner une industrie qui marche encore à quatre pattes.

Il y a comme un truc qui n'est pas logique. Trop d'attention sur le bébé. Trop de monde qui regarde l'industrie et pas assez qui essaie de la faire grandir.

Steven Poole un journaliste-compositeur (pourquoi pas ? j'ai connu un coiffeur- astronaute une fois) avait écrit un bouquin sur l'histoire du jeu, Trigger Happy désormais dispo en pdf gratuitement. On se rend compte qu'on a pas évoluer d'un iota en 30 ans. Que le terme jeu vidéo est toujours utilisé alors qu'il ne veut plus rien dire et est réducteur au possible (what's wrong with digital games or simply games?).

Mais ce qui me terrifie et me surexcite en même temps, c'est quand Jonathan écrit ce genre de choses:

"Systems are biased toward producing truth

(or at least consistency)."

Les systèmes de jeux ont tendance à produire de la vérité ou au moins de la consistance dans le raisonnement. Nomdedieu c'est vrai.

Je me rends compte que j'utilise le raisonnement systémique partout (en tout cas au maximum) dans ma vie. La suite dans un post perso tout à l'heure. 

posted @ 5:58 PM | Feedback (0)