{"id":243,"date":"2005-07-20T20:16:00","date_gmt":"2005-07-20T20:16:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chocobeam.me\/playground\/2005\/07\/freddies-dead\/"},"modified":"2005-07-20T20:16:00","modified_gmt":"2005-07-20T20:16:00","slug":"freddies-dead","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/2005\/07\/freddies-dead\/","title":{"rendered":"Freddie&#8217;s dead"},"content":{"rendered":"<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\">Un excellent article de Gamekult encore une fois. Je le cc parce que cette r&eacute;flexion est tellement rare qu&#8217;il faut la diffuser. Et perso &ccedil;a me taraude quand m&ecirc;me un peu. Pourtant j&#8217;essaie de faire comme si de rien n&#8217;&eacute;tait &quot;<em>non mais c&#8217;est tout &agrave; fait normal ces jeux WWII&amp;Def Jam bidule&hellip;<\/em>&quot;<\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\">Par <em>Emmanuel Delune <\/em><font size=\"1\">Arriv&eacute; dans le monde de la presse jeu vid&eacute;o par l&#8217;interm&eacute;diaire de feu le magazine PC Force, Emmanuel Delune est r&eacute;dacteur depuis pr&egrave;s de 8 ans maintenant dans divers m&eacute;dias papier ou Internet (Generation 4, Gameone.net, Trash Times). Il a co-fond&eacute; et dirig&eacute; le site Gamedata.com, et anime actuellement le site Resetmag.com, webzine consacr&eacute; au cin&eacute;ma, aux DVD et aux jeux vid&eacute;o&#8230;<\/font><\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><strong><em><font face=\"Arial\" size=\"4\">Jeux vid&eacute;os et st&eacute;r&eacute;otypes<\/font><\/em><\/strong><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\">L&#8217;annonce r&eacute;cente de la r&eacute;surrection du projet Prey, revenu d&#8217;entre les morts apr&egrave;s un hiatus de presque 7 ans, a bien s&ucirc;r fait na&icirc;tre de nombreuses r&eacute;actions chez les joueurs. Parmi les commentaires amus&eacute;s ou sarcastiques li&eacute;s &agrave; cette renaissance tardive, ou ceux, l&eacute;g&egrave;rement plus enthousiastes, qui ont suivi la pr&eacute;sentation du jeu &agrave; l&#8217;E3, on pouvait aussi trouver quelques surpris qui se demandaient, sinc&egrave;res ou un peu d&eacute;sabus&eacute;s, ce que le choix d&#8217;un h&eacute;ros am&eacute;rindien pouvait bien apporter au jeu, &agrave; l&#8217;image d&#8217;un Turok o&ugrave; ses origines ethniques n&#8217;ont finalement rien &agrave; apporter au gameplay en tant que tel. M&ecirc;me si les exemples sont diff&eacute;rents, le personnage de Turok &eacute;tant n&eacute; dans un comic book, quelques joueurs se sont assez l&eacute;gitimement pos&eacute; <\/font><font face=\"Arial\">la question qui tue : et si tout ceci n&#8217;&eacute;tait finalement qu&#8217;une galipette commerciale de plus, destin&eacute;e &agrave; exploiter un cr&eacute;neau &quot;inhabituel&quot; et &agrave; nous changer du tout-venant des FPS dont les h&eacute;ros, pour la plupart blancs, WASP et invariablement h&eacute;ro&iuml;ques, n&#8217;ont plus rien d&#8217;&eacute;tonnant &agrave; nous offrir. Doute renforc&eacute; par la pr&eacute;sence aux rangs de producteur du studio texan 3D Realms, qui a rarement fait dans la finesse, mais qui jure &agrave; qui veut bien l&#8217;entendre s&#8217;&ecirc;tre longuement document&eacute; sur les us et coutumes des natifs de cette population d&eacute;sormais indig&egrave;ne, rebaptisant au passage le personnage principal. Au lieu d&#8217;un &quot;Talon Brave&quot; un brin mystique, nous incarnerons donc &quot;Tommy Hawk&quot;, au nom commercialement beaucoup plus punchy, et surtout plus acceptable. Bref, une fois la cascade de plumes de vautour retomb&eacute;e, nous voici bien dans un univers de pacotille, probablement aussi l&eacute;gitime aux yeux des Am&eacute;rindiens que l&#8217;utilisation souvent r&eacute;actionnaire qui a &eacute;t&eacute; faite de leur ethnie dans les films de cow-boys des ann&eacute;es 30 &agrave; 50.<\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\">Avec Tommy l&#8217;Indien se pose une question qui, en fait, taraude le jeu vid&eacute;o depuis sa cr&eacute;ation, ou presque. <strong>86% des h&eacute;ros de jeux sont m&acirc;les et blancs, nous dit une &eacute;tude men&eacute;e en 2001<\/strong> par le groupe Children Now, qui pr&eacute;cise &eacute;galement que 8 Afro-Am&eacute;ricains sur 10 sont repr&eacute;sent&eacute;s &#8211; &agrave; l&#8217;&eacute;poque &#8211; comme des comp&eacute;titeurs dans des jeux sportifs (foot am&eacute;ricain, basket, golf, etc.), que les Latinos sont confin&eacute;s &agrave; de mini apparitions dans des jeux de base-ball, et que 7 personnages asiatiques sur 10 sont, soit des combattants dans des jeux de baston, soit des sumotoris et des lutteurs. Le jeu vid&eacute;o est blanc et le fait savoir. La situation a aujourd&#8217;hui quelque peu chang&eacute;, quelques titres osent timidement le h&eacute;ros ethnique (Shadow Man, GTA : San Andreas, Niobe dans Enter the Matrix&#8230;, en dehors de certains titres qui vous laissent choisir), sans toutefois que l&#8217;industrie ne connaisse de v&eacute;ritable et profonde remise en question. M&ecirc;me dans les jeux japonais l&#8217;identit&eacute; culturelle semble s&#8217;effacer au profit d&#8217;une vision globalis&eacute;e de l&#8217;&ecirc;tre humain. Les h&eacute;ros sont blonds, ont la peau claire, de grands yeux bleus ou noirs, rarement les traits de leurs concepteurs, encore moins du public &agrave; qui ils s&#8217;adressent en majorit&eacute;. La globalisation n&#8217;a d&eacute;cid&eacute;ment pas que des avantages, surtout quand le coeur de cible, lire &quot;les acheteurs potentiels de nos produits&quot;, sont &agrave; l&#8217;Ouest. Pour un Dee-Jay ou un Fei Long dans Street Fighter, pour un Ryo dans Shenmue aux traits assez typ&eacute;s, combien de L&eacute;on, de Raiden, de Solid Snake, de Cloud, aux facies aussi g&eacute;n&eacute;riques qu&#8217;occidentalis&eacute;s ? Pour un Diego Chavez dans un Rainbow Six (et encore, Red Storm d&eacute;pendait des personnages du roman de Tom Clancy), combien de suspects automatiquement black ou latinos dans des jeux de ce type ? Quid de tous ces softs o&ugrave; l&#8217;&eacute;tranger <\/font><font face=\"Arial\">devient l&#8217;ennemi id&eacute;al, o&ugrave; le vilain terroriste qu&#8217;il soit Mexicain ou Arabe, est la cible r&ecirc;v&eacute;e : Delta Force, Command &amp; Conquer : Generals, Act of War, Kuma War, Conflict: Desert Storm &#8211; Back to Baghdad. Des jeux o&ugrave; l&#8217;on r&eacute;&eacute;crit l&#8217;histoire &agrave; l&#8217;aune d&#8217;une propagande &eacute;tatique et d&#8217;un patriotisme pour le moins gerbant, o&ugrave; l&#8217;on fait du joueur le glaive d&#8217;une justice &agrave; oeill&egrave;res qui dresse un portrait pour le moins limite de nations &quot;sous-d&eacute;velopp&eacute;es&quot;, o&ugrave; tirer sur les &quot;bronz&eacute;s&quot; devient presque une sorte de catharsis. Et Mario, ce bon Mario, n&#8217;est-il pas l&#8217;essence m&ecirc;me de la caricature moustachue du plombier italien, avec sa salopette bariol&eacute;e ? <\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\">On sait que le jeu vid&eacute;o a souvent &eacute;t&eacute; tax&eacute;, et parfois &agrave; juste titre, de sexisme voire de misogynie, et pourtant personne ne s&#8217;&eacute;meut que certaines communaut&eacute;s, races, ou groupes de personnes, soient d&eacute;peints de fa&ccedil;on aussi caricaturale et grossi&egrave;re par <strong>certains produits qui ne s&#8217;embarrassent m&ecirc;me plus de pr&eacute;cautions et utilisent pleinement les ficelles du populisme pour atteindre le coeur de leur cible<\/strong>. Mais au-del&agrave; de la simple pol&eacute;mique ou de la provocation un peu facile &agrave; la fa&ccedil;on d&#8217;un tonitruant &quot;le jeu vid&eacute;o est-il raciste&quot;, se posent toutefois deux probl&egrave;mes : premi&egrave;rement, cette caricature syst&eacute;matique de certaines &quot;minorit&eacute;s&quot; n&#8217;a-t-elle pas une influence, directe ou indirecte, sur le mode de pens&eacute;e des joueurs, ou du moins leur perception de la soci&eacute;t&eacute; ? C&#8217;est ce que semble penser Joe Morgan, un ex&eacute;cutif noir et new-yorkais qui s&#8217;inqui&egrave;te, dans un article du New York Times dat&eacute; d&#8217;ao&ucirc;t 2004, de ce que ces st&eacute;r&eacute;otypes finissent par avoir, notamment sur les jeunes joueurs incapables de percevoir la diff&eacute;rence entre la r&eacute;alit&eacute; et une &quot;peinture satirique&quot; de cette r&eacute;alit&eacute;, une tr&egrave;s mauvaise influence. Pour les &eacute;diteurs ou d&eacute;veloppeurs, tout cela n&#8217;est que fadaises. Les jeux ne sont que des cocktails issus de la culture populaire, qui utilisent les recettes les plus appr&eacute;ci&eacute;es par les joueurs, les m&ecirc;mes que certains produits culturels dits de grande consommation &#8211; films, clips, comics &#8211; utilisent r&eacute;guli&egrave;rement. Faut-il parler de causalit&eacute; imm&eacute;diate, comme on a pu le faire assez maladroitement pour la violence ? Pour Joe Morgan, ces jeux repr&eacute;sentent l&#8217;&eacute;quivalent moderne des &quot;minstrels shows&quot;, ces spectacles du d&eacute;but du si&egrave;cle dans lesquels des acteurs blancs aux visages peinturlur&eacute;s imitaient et parodiaient les noirs, pour qui il &eacute;tait alors interdit, s&eacute;gr&eacute;gation oblige, de jouer dans des films am&eacute;ricains. Et m&ecirc;me si le premier acteur noir jouera dans un film d&egrave;s 1914, il faudra attendre les ann&eacute;es 50, puis le militantisme de gens comme Sydney Poitier, pour qu&#8217;ils s&#8217;affirment dans cet art d&eacute;sormais majeur. Le jeu vid&eacute;o en serait-il finalement au m&ecirc;me point, ou presque, que le cin&eacute;ma au d&eacute;but de son histoire ? [ndharold: ca se <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/harold.dotnet17.hostbasket.com\/blog\/archive\/2005\/04\/07\/290.aspx#1614\">tiens<\/a> ;p]<\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\"><br \/>\nDeuxi&egrave;me interrogation, qui touche au portefeuille et touchera donc beaucoup plus des &eacute;diteurs peu concern&eacute;s par des probl&egrave;mes d&#8217;ordre moral, comment un m&eacute;dia de divertissement dit &quot;de masse&quot; peut-il esp&eacute;rer prosp&eacute;rer et survivre s&#8217;il continue &agrave; s&#8217;ali&eacute;ner de la sorte toute une partie de la population ? Apr&egrave;s tout, si les logiciels de jeux veulent &ecirc;tre assimil&eacute;s &agrave; des &quot;produits culturels&quot; &#8211; qualit&eacute; pour l&#8217;instant d&eacute;ni&eacute;e au grand dam du SELL qui aimerait bien faire baisser la TVA des jeux &agrave; 5,5% &#8211; ce grade se doit d&#8217;&ecirc;tre suivi de faits concrets dans bien des domaines, celui de la repr&eacute;sentation des minorit&eacute;s ethniques en particulier. Bien s&ucirc;r, inutile de parler de celle des handicap&eacute;s, des malvoyants, etc., on touche au grotesque, mais l&agrave; encore le jeu vid&eacute;o semble n&#8217;&ecirc;tre qu&#8217;un des &eacute;l&eacute;ments d&#8217;un probl&egrave;me de repr&eacute;sentation m&eacute;diatique plus global, non une des causes. Faudra-t-il que tous ces groupes s&#8217;organisent un &agrave; un en lobby et d&eacute;cident de frapper, comme l&#8217;association de sinistre m&eacute;moire Familles de France, les &eacute;diteurs l&agrave; o&ugrave; &ccedil;a fait mal, c&#8217;est-&agrave;-dire droit dans le profit ? Le probl&egrave;me, en tout cas, est r&eacute;el. Dans un rapport dat&eacute; d&#8217;octobre 2000, un groupe de travail de la commission europ&eacute;enne faisait l&#8217;analyse suivante : &quot;Les m&eacute;dias traditionnels ont certes un r&ocirc;le &agrave; jouer dans la lutte contre le racisme et l&#8217;intol&eacute;rance, mais leur importance dans la diffusion de l&#8217;information diminue face au d&eacute;veloppement des nouvelles technologies (&#8230;). Chaque individu, chaque groupe est aujourd&#8217;hui en mesure de toucher un vaste public, pour le meilleur et pour le pire, ce qui l&#8217;oblige &agrave; veiller &agrave; promouvoir l&#8217;entente dans la soci&eacute;t&eacute;. D&egrave;s lors, les initiatives d&#8217;&eacute;ducation et de formation doivent cibler le grand public, qui se pose &agrave; la fois en destinataire et en diffuseur de contenu. Elles devraient aussi d&eacute;velopper l&#8217;esprit critique face aux nouvelles technologies, y compris Internet, les jeux vid&eacute;o et la musique.&quot; Bref, nos chers d&eacute;veloppeurs, ne manqueraient-ils pas un peu de maturit&eacute; ? <\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\"><strong>Bien s&ucirc;r le sexisme, les discriminations ou la x&eacute;nophobie ne sont jamais exprim&eacute;s ouvertement : ils sont larv&eacute;s, latents<\/strong>. Le contraire leur vaudrait &eacute;videmment l&#8217;opprobre et la col&egrave;re de la justice, sans m&ecirc;me parler des associations. Nous ne parlerons donc pas des titres ouvertement racistes types parodies Flash et autres instruments de propagandes vendus sous le manteau, et esp&eacute;rons-le destin&eacute;s &agrave; le rester, m&ecirc;me si paradoxalement un tel mal est plus facile &agrave; combattre car instantan&eacute;ment reconnaissable. Si les organismes comme le PEGI (Pan European Game Information) ou le SELL en France veillent au grain et apposent leurs &eacute;tiquettes sur les bo&icirc;tes de nos jeux afin d&#8217;en expliciter le contenu aux braves m&egrave;res de famille pas toujours au fait du dernier hit &agrave; la mode, et si la discrimination raciale est bien consid&eacute;r&eacute;e comme l&#8217;une des 6 th&eacute;matiques &agrave; notifier dans ces fameux labels, au c&ocirc;t&eacute; de la violence, du sexe ou encore des abus de langage, on peut se demander si ce CSA de fortune remplit pleinement son r&ocirc;le, en tout cas de mani&egrave;re satisfaisante. Certes, GTA : San Andreas est bel et bien interdit aux moins de 18 ans, pourtant uniquement pour des raisons de sexe et de langage. Comment expliquer en quelques mots, ou via un logo simpliste, que l&#8217;image que donne le jeu des ghettos noirs am&eacute;ricains n&#8217;est en rien <\/font><font face=\"Arial\"><br \/>\nrepr&eacute;sentative de la r&eacute;alit&eacute;, qu&#8217;elle n&#8217;est que la distorsion d&#8217;un prisme m&eacute;diatique qui n&#8217;aime rien de mieux que le spectaculaire et l&#8217;imm&eacute;diatet&eacute;, que ce d&eacute;ferlement de violence et de gros mots faussement provoc est principalement destin&eacute; &agrave; assimiler le produit &agrave; toute une mythologie du gangst&eacute;risme noir, vant&eacute;e et v&eacute;hicul&eacute;e par des dizaines de films ou de clips, qui pourraient bien, encore plus que les jeux eux-m&ecirc;mes, &ecirc;tre l&#8217;une des raisons du probl&egrave;me. Comment expliquer en quelques phrases laconiques, imprim&eacute;es en petits caract&egrave;res, que les femmes, noires de surcro&icirc;t, ne sont pas, au choix, des mamas bienveillantes ou des objets sexuels voire des prostitu&eacute;es, diptyque psychanalytique bien connu sous le nom de la &quot;maman et la putain&quot;, et qu&#8217;on nage dans le pur divertissement, aussi contestable soit-il, mais finalement pas moins &eacute;trange, dans son contexte de m&eacute;dia interactif, qu&#8217;un massacre de nazis dans un labyrinthe en 3D nomm&eacute; Wolfenstein. <\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\">Il ne s&#8217;agit pas bien s&ucirc;r de stigmatiser GTA : San Andreas, jeu par ailleurs r&eacute;ellement excellent, auquel il n&#8217;est pas interdit de prendre un pied monstrueux sans que l&#8217;on soit pour autant un n&eacute;o-nazi, un raciste qui s&#8217;ignore, ou un bigot de premier ordre. D&#8217;aucuns pourraient d&#8217;ailleurs me r&eacute;pondre, et c&#8217;est souvent l&#8217;argument num&eacute;ro 1 invoqu&eacute; pour d&eacute;fendre leur cause, que rien dans le jeu n&#8217;est cr&eacute;dible, pas plus que ne sont r&eacute;els les champignons hallucinog&egrave;nes d&#8217;un Mario Bros, les gunfights d&#8217;un Max Payne ou les crises de nerfs des Sims. Que tout &ccedil;a n&#8217;est pas bien s&eacute;rieux, que Rockstar joue pr&eacute;cis&eacute;ment sur ces clich&eacute;s en pleine connaissance de cause, et donc que tout ceci serait sans r&eacute;elles cons&eacute;quences, si toutefois on est complice de la parodie, et donc capable d&#8217;observer tout cela avec un certain recul. <strong>Comme la blaxploitation (*) dans les ann&eacute;es 70, l&#8217;utilisation par certains d&eacute;veloppeurs de toute une imagerie aussi trompeuse que discutable commence toutefois &agrave; poser probl&egrave;me<\/strong>, et il serait assez irresponsable de vouloir l&#8217;ignorer. Def Jam Fight For NY et son univers de gangsta rappeurs embagous&eacute;s, 187 Ride or Die et ses drive-by shooting sur fond de &quot;urban rap&quot;, GTA : San Andreas et sa description d&#8217;une communaut&eacute; compos&eacute;e presque uniquement de dealers, d&#8217;allum&eacute;s de la g&acirc;chette ou de prostitu&eacute;es en devenir, &eacute;meuvent une partie des associations luttant contre la discrimination, comme la NCAAP (National Association for the Advancement of Colored People) qui a r&eacute;cemment fait par &agrave; Electronic Arts de son rejet absolu des poncifs v&eacute;hicul&eacute;s par son jeu de baston console. Alors, pudibonderie abusive ? Manque de recul ou de second degr&eacute; ? Une fois encore, comme disait feu le g&eacute;nial Pierre Desproges, la situation appelle le fameux &quot;on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde&quot;. <\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\"><br \/>\nCe qui passe aux yeux du &quot;gentil blanc&quot; que je suis pour du second degr&eacute; provoc et rigolard, et que pas une seule seconde je n&#8217;assimilerais &agrave; une repr&eacute;sentation de la population noire am&eacute;ricaine &#8211; repr&eacute;sentation apr&egrave;s tout, assez conforme &agrave; celle v&eacute;hicul&eacute;e par les robinets &agrave; clips RnB type MTV et MCM &#8211; choque en revanche ceux qui, victimes de ces discriminations et de ce symbolisme ultra-r&eacute;ducteur, luttent quotidiennement pour qu&#8217;enfin leur population, leur race, ou leur sexe, soit reconnus comme autre chose que des fantasmes collectifs tout juste bons &agrave; faire vivre des producteurs qui n&#8217;ont aucun autre souci que celui d&#8217;attirer le consommateur, c&#8217;est-&agrave;-dire nous, via ces clich&eacute;s aussi r&eacute;currents que confortables. Et ce qui passe aux yeux de certains pour une temp&ecirc;te dans un verre d&#8217;eau peut aussi participer d&#8217;un certain besoin d&#8217;affirmation : dire &quot;merde&quot; aux mythes du Chinois roi du kung-fu, du Japonais obs&eacute;d&eacute; par des &eacute;coli&egrave;res en socquettes, ou du jeune noir am&eacute;ricain qui doit, pour s&#8217;en sortir, adopter l&#8217;attitude Menace II Society. La r&eacute;ponse viendra peut-&ecirc;tre de l&#8217;Acad&eacute;mie de Baltimore, o&ugrave; vient d&#8217;&ecirc;tre cr&eacute;&eacute; un programme destin&eacute; &agrave; enseigner la programmation &agrave; des jeunes gens noirs et hispaniques. Leur but ? Eduquer ces futurs d&eacute;veloppeurs, leur permettre de raconter d&#8217;autres histoires, moins ethno-centr&eacute;es autour d&#8217;une seule et m&ecirc;me conception de la soci&eacute;t&eacute;, de faire entendre les voix de ces gens issus de milieux diff&eacute;rents, et peut-&ecirc;tre faire prendre conscience &agrave; l&#8217;industrie qu&#8217;il est temps de se retourner et de voir tous ceux qui sont laiss&eacute;s de c&ocirc;t&eacute; par une locomotive lanc&eacute;e &agrave; pleine allure sur les rails de la rentabilit&eacute; imm&eacute;diate. La vache, c&#8217;est beau comme du Patrick Fiori. <\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\">Comme la blaxploitation &agrave; son &eacute;poque, se pose donc une fois encore le probl&egrave;me de la fronti&egrave;re entre l&#8217;utilisation, &quot;l&#8217;objectivation&quot; d&#8217;un clich&eacute; et d&#8217;une caricature &agrave; des fins commerciales, et la p&eacute;rennisation de ces st&eacute;r&eacute;otypes, qui, au final, pourraient finir par repr&eacute;senter la r&eacute;alit&eacute; m&ecirc;me lorsqu&#8217;ils sont utilis&eacute;s de mani&egrave;re satirique ou parodique. Parfois dans les extr&ecirc;mes : Redneck Rampage et ses culs-terreux texans, Postal 2 et ses islamistes-talibans en turban, Shadow Warrior, son h&eacute;ros-ninja et ses aphorismes tr&egrave;s douteux qui ont fait &agrave; l&#8217;&eacute;poque grincer des dents de la communaut&eacute; asiatique. Ou comment on en revient &agrave; 3D Realms, dont le Tommy Hawk a d&eacute;cid&eacute;ment fait na&icirc;tre bien des questions dans mon petit cr&acirc;ne surchauff&eacute;. Autre exemple connu, GTA : Vice City, toujours eux, qui avait attis&eacute; l&#8217;ire de la communaut&eacute; ha&iuml;tienne en novembre 2003, certains de ses repr&eacute;sentants appr&eacute;ciant plus que moyennement &ecirc;tre d&eacute;peints comme des dealers de drogue en puissance, dont la mort rapportait au joueur, outre d&#8217;immenses satisfactions d&eacute;nu&eacute;es de tout pr&eacute;judices raciaux (salet&eacute; de %&uml;@! de mission), un paquet d&#8217;argent et d&#8217;influence. A jouer avec le feu tout en se d&eacute;fendant d&#8217;avoir voulu attiser la pol&eacute;mique, Rockstar flirte avec le bon go&ucirc;t, mais s&#8217;en sort sans trop de casse, et un brin de censure plus tard (lire la news), tout est rentr&eacute; dans l&#8217;ordre. Sauf que <strong>la censure, est-ce vraiment ce que nous cherchons ?<\/strong> <strong>Ne faudrait-il pas lui pr&eacute;f&eacute;rer un certain sens des responsabilit&eacute;s, qui &eacute;viterait d&#8217;en arriver &agrave; ces postures extr&ecirc;mes, et forc&eacute;ment passionn&eacute;es ?<\/strong> Vice City pose finalement &agrave; la communaut&eacute; ha&iuml;tienne les m&ecirc;mes probl&egrave;mes que la s&eacute;rie Les Sopranos a pu le faire aux Italo-Am&eacute;ricains : en jouant sur des st&eacute;r&eacute;otypes, et quand bien m&ecirc;me ni le jeu ni la s&eacute;rie ne disent &agrave; un seul moment que ces populations sont telles que repr&eacute;sent&eacute;es fictivement, pourrait na&icirc;tre une image d&eacute;form&eacute;e, fausse, des communaut&eacute;s en question. Le probl&egrave;me est sans fin, et fait na&icirc;tre les craintes d&#8217;un politiquement correct absolu, voie extr&ecirc;me g&eacute;n&eacute;ralement emprunt&eacute;e quand toutes les m&eacute;diations ont &eacute;chou&eacute; et que la pression, le lobbying ou les menaces sont les derniers recours. Esp&eacute;rons donc une prise de conscience assez rapide que quelque chose est peut-&ecirc;tre en train de se jouer, et que le public, m&ecirc;me celui issu de &quot;la majorit&eacute;&quot;, a peut-&ecirc;tre envie d&#8217;autre chose que de paternalisme post-colonialiste, de relectures historiques &agrave; sens unique, ou d&#8217;univers virtuels peupl&eacute;s de clich&eacute;s sur pattes. Apr&egrave;s tout, incarner des trolls, des aliens, des morts-vivants ou des mutants venus d&#8217;autres plan&egrave;tes, cela ne devrait-il pas nous inculquer la tol&eacute;rance et le respect d&#8217;autrui, quel que soit sa couleur de peau, son origine sociale, ou le nombre d&#8217;antennes qu&#8217;il a sur la t&ecirc;te ? <\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\"><br \/>\nCe qui est le plus d&eacute;rangeant, peut-&ecirc;tre, n&#8217;est pas tellement cet &eacute;tat de fait, mais qu&#8217;<strong>aucun des grands cr&eacute;ateurs de jeux vid&eacute;o ne semble se poser le probl&egrave;me <\/strong>[ndharold: chez Quantic ils ont l&#8217;air d&#8217;y avoir pens&eacute; ;)]. Non pas en cr&eacute;ant un jeu pour telle ou telle minorit&eacute;, telle ou telle communaut&eacute;, tel ou tel groupe de personnes : pr&eacute;cis&eacute;ment en &eacute;vitant ces erreurs du pass&eacute;, un temps h&eacute;las bien actuel o&ugrave; les jeux ont &eacute;t&eacute; con&ccedil;us &agrave; destination du public majoritaire, blanc, ais&eacute;, m&acirc;le, vingtenaire. Y aurait-il une absence de gens issus des minorit&eacute;s parmi les grands noms du m&eacute;tier ? C&#8217;est ind&eacute;niable. Jason Hall, Justin Chin, Corrine Yu, Derek Smart sont quelques-unes des figures reconnues et publiques &agrave; &ecirc;tre issues de ces communaut&eacute;s, mais eux non plus n&#8217;ont pas tent&eacute;, ou r&eacute;ussi, &agrave; inverser la donne. Plus prosa&iuml;quement, la question que l&#8217;on pourrait l&eacute;gitimement se poser est sans doute celle-ci : dans sa phase d&#8217;industrialisation &agrave; grande &eacute;chelle, car il est pass&eacute; plus rapidement que n&#8217;importe quel autre &quot;art&quot; moderne de sa phase exp&eacute;rimentale &agrave; sa phase commerciale, le jeu vid&eacute;o n&#8217;aurait-il pas oubli&eacute; de se d&eacute;mocratiser, au lieu de s&#8217;adresser, que ce soit en termes de sexe ou d&#8217;ethnies, toujours au m&ecirc;me public : celui avec un portefeuille. Avec, en sous-texte, l&#8217;id&eacute;e qu&#8217;il ne deviendra un m&eacute;dia f&eacute;d&eacute;rateur, et donc moins sujet aux d&eacute;bats r&eacute;ducteurs dont il est lui-m&ecirc;me couramment victime, que quand il prendra lui-m&ecirc;me conscience, &agrave; travers la repr&eacute;sentation qu&#8217;il fait de notre soci&eacute;t&eacute;, de sa multi-ethnicit&eacute; et de sa pluri-culturalit&eacute;. En clair, et en moins pompeux, pour que le jeu vid&eacute;o cesse d&#8217;&ecirc;tre la cible des attaques moralistes et rigoristes dont il est coutumier &#8211; le jeu vid&eacute;o tue, abrutit, s&eacute;gr&eacute;gue, isole, d&eacute;socialise &#8211; peut-&ecirc;tre est-il temps qu&#8217;il se montre un peu plus responsable, moins adolescent, moins tourn&eacute; vers ces st&eacute;r&eacute;otypes qu&#8217;il entretient pourtant avec une flamme qui n&#8217;a d&#8217;&eacute;gale que la taille affriolante des bonnets des babes de l&#8217;E3 &#8211; ou <strong>comment essayer de passer pour un m&eacute;dia adulte en recourant &agrave; des ficelles publicitaires dignes de calendriers pour camionneurs<\/strong>. Comme d&#8217;habitude, le d&eacute;bat est lanc&eacute;, avec beaucoup de questions qui appellent peu de r&eacute;ponses : il ne s&#8217;agit pas en tout cas de vouloir faire du communautarisme, d&#8217;imposer des quotas, ou de militer pour une &quot;discrimination positive&quot; vid&eacute;oludique. Mais de faire un simple constat : <strong>le jeu vid&eacute;o ne sera pleinement un art, et surtout un art mature, que quand il repr&eacute;sentera dignement, et sans tous les st&eacute;r&eacute;otypes actuels, les populations et les communaut&eacute;s qui sont aussi, apr&egrave;s tout, les destinataires d&#8217;un m&eacute;dia cens&eacute; s&#8217;adresser &agrave; tout le monde.<\/strong> <\/font><\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\">&nbsp;<\/div>\n<div xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/xhtml\"><font face=\"Arial\">Is that clear ? <\/font><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un excellent article de Gamekult encore une fois. Je le cc parce que cette r&eacute;flexion est tellement rare qu&#8217;il faut la diffuser. Et perso &ccedil;a me taraude quand m&ecirc;me un peu. Pourtant j&#8217;essaie de faire comme si de rien n&#8217;&eacute;tait &quot;non mais c&#8217;est tout &agrave; fait normal ces jeux WWII&amp;Def Jam bidule&hellip;&quot; &nbsp; Par Emmanuel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/243"}],"collection":[{"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=243"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/243\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=243"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=243"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/har0ld.com\/playground\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}