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Le monde tourne mal Partie II: les hommes

(Non mais j’aime bien faire des titres à la CNN. Première partie  et merci aux pps pour les illustr’)


"Hein ? Mais si ça passe. Donne moi du feu au lieu de dire des conneries" 

Les hommes… Ca va être plus facile vu que je les connais bien les loulous. En même temps ça risque de ne pas être facile pour déceler où est le problème (on ne commence pas, merci).

Une des grande critique du féminisme vis à vis de la société dans laquelle on vit, plutôt patriarcale est que la valeur "compétition" fortement masculine, est destructrice et en partie responsable de la course aux excès dont nous sommes témoins à tout niveaux.

Je ne crois pas. La compétition est une notion largement naturelle, le monde est intrinsèquement basé sur elle et l’être humain a simplement gagné. Même le petit champignon de moisissure rêve de conquête mondiale et de renforcement de son espèce, au détriment des autres c’est juste qu’il ne peut pas. Ne l’oubliez pas.

Non, le biais est que cette compétition est vite devenue dénuée de bon-sens, c’est à dire le sens de la démocratisation (ce que je considère comme "renforcement de l’espèce" si on compare au champignon). Je le vois dans mes domaines à fort dosage en testostérone et pilosité faciale: musique, jeux, geekerie.

Il y a chez souvent chez les hommes cette idée de la perfection, de la performance pure. Durant des siècles de vie moyen-ageuse, cette idée nous a amenée les plus belles inventions et nous a fait avançer à vitesse grand V en nous donnant un aplomb quasi sur-humain.

 
‘Voyez ce que je veux dire.

Sauf que depuis quelques dizaines d’années, dans un monde de plus en plus globalisé touchant plus vite que jamais la quasi totalité de la population mondiale, baser la culture sur la performance absolue, favoriser la perfection "no matter what" est une putain de catastrophe. L’exemple très alarmant étant celui du réchauffement de la planète et du grand n’importe quoi que sont devenues les saisons.

Et cette notion de perfection/performance reste une valeur inattaquable, quand bien même on ne l’applique pas à nous même. J’ai toujours été sidéré par exemple avec quelle facilité des putains de geeks tout gros, tout puceaux, tout sales pouvaient se permettre de critiquer une femme à poil parfaitement normale ou tel ou tel mannequin, qui plus est photoshoppé (pour plus de perfection, bien sur) dont ils ne verront jamais autre chose que le jpeg. Une thérapie de groupe pour hommes désabusés et sans pouvoir, sans doute.


Ce blaireau serait en plus capable de dire que la nana est moche car elle a des ptis seins… 

Le refus d’admettre autre chose comme élément décisif que la perfection performance absolue, tout en refusant d’accepter d’autres valeurs, plus larges voilà le gros problème. Je sais pas, on s’aveugle avec plein de lumières qui brillent, même si l’intérêt est très réduit, que ça touche peu de monde. Who cares ? Ca brille merde !

Oui, comme nous sommes un peu stupides, l’indice de performance est souvent le prix. Plus c’est cher, plus c’est performant, plus on a de Pouvoir, plus on est Mâle et Désirable. Forcément. <soupir>

Ca va être le gars qui va te prendre la tête en te disant que la PS3 est une pure occasion mortelle vu tout ce qu’elle fait pour ce prix (euh ouais, mais ya pas masse de jeux pour une console, c’est gênant surtout que je n’ai pas d’écran HD).

Ca va être le gars qui va te prendre la tête en disant que l’iPhone, ça déchire tout avec l’interface de la mort et GoogleMaps (euh ouais, mais je sais toujours à peu près où je vais ou où je suis, par contre pas de sonneries persos à ce prix ?  damn lame)

Ca va être le gars qui va te prendre la tête en disant que le vinyl, c’est mieux et que payer un skeud original à 50 euros c’est une affaire(euh ouais, je me contenterais de sa version digital à 15 euros et tu sais quoi ? Je grooverais autant que toi, en faisant repeat du bout de ma télécommande en plus PRENDS CA)

Ca va être le gars qui va te prendre la tête en disant qu’il faut absolument une guitare "made in usa" à trois fois le prix de la version mexique pour se considérer comme joueur sérieux (euh ouais, moi je me contente de la made in mexique, la différence sonore ne justifiant en aucun cas un triplement du tarif et bien sur, la plupart des gratteux aux instruments à ce prix ne jouent pas mieux).

Dans tout les cas, il n’y a pas de démocratisation. Il y a rite de passage avant de devenir "l33t" selon une tradition d’un autre âge. Fuck that, c’est périmé comme système. 

Insatiable envie d’obtenir, de posséder, d’être propriétaire et d’être bien evidemment le maitre. Ces notions dépassent même le cadre des choses non-vivantes avec beaucoup de gars qui considèrent leur partenaire comme une propriété. La prostitution en étant le plus bel pire exemple: je te paie, je te possède, je te fais ce que je veux, je suis Puissant (ce qui me fait penser à un reportage -soyez prêts pour le voir- sur les drogués de SF où un mec raconte comment il se prostitue et -désabusé- comment les clients viennent surtout pour faire subir, humilier, asservir et non juste pour éjaculer: c’est pareil pour les femmes prostituées vous croyez quoi. Quand l’opinion publique aura compris ça…).

 
Une pub qui en dit long sur le subconscient social…

Comme tout mes confrères j’ai baigné et grandit avec cette culture en tête et je l’ai encore (le positif ? le goût de l’effort) mais j’ai vite compris que c’était aliénant et qui plus est, catastrophique à grande échelle. Ca commence très tôt avec les potes qui ne courrent pas aussi vite que toi sous le préau et à qui tu ne diras plus bonjour de l’année et ça ne s’arrête jamais… J’ai toujours réussi à faire parti de ces "élites populaires" (sport, style, culture) mais j’ai trop d’empathie pour laisser les autres sur place et m’en battre gravement les couilles. Ca m’a toujours fait chier.

 
Les filles on leur soulève leurs jupes après on leur fait des bisous et puis on les fait dormir dehors histoire de protéger nos petits dérailleurs Shimano.

Et surtout j’ai compris qu’au final -enfin une fois dans le bain adulte et monde du travail- ce n’était pas efficace du tout la course à la performance, le gâchis étant à l’échelle humaine franchement hallucinant (histoire du capitalisme durant les âges, esclavagisme, asservissement des femmes au profit des hommes… Qui construit nos cartes mères en dormant sur leurs lieux de travail toxiques ?). Alors qu’on nous vend cette sacro sainte valeur depuis notre plus tendre enfance, on nous cache la notion d’efficacité et de multi-paramètres à prendre en compte au lieu du seul et unique but dans le sprint au record. Une grosse erreur d’éducation masculine de notre société.

L’efficacité. Un truc bâtard, entre la performance et la zen attitude, cette dernière valeur étant souvent associée aux femmes. Donc super pas bien vu chez les hommes hein. Et pourtant on devrait être focalisé sur cette notion plus globale, ça résoudrait certains problèmes qui paraissent légitimer des bouquins où on serait de deux planètes différentes par exemple…

Dans les relations sociales les hommes considèrent les femmes indépendantes, dragueuses, irrémédiablement, systématiquement…. Au rabais alors que dans le même temps les hommes aimeraient et voudraient plus d’égalité dans la drague, sont pour une plus juste répartition de la baise© (C.H.I.B.R.E.S someone ? génèse). Soyons efficaces, chérissons les, même si elles nous font un peu flipper voir carrément tellement c’est encore tout neuf et que personne nous a dit comment faire avec. Ca pourrait commencer avec des relations hommes femmes basées sur le sexe sans aucune contrepartie sous-entendue et pénible, quel homme n’en rêve pas ? Peut-être même que les relations à long terme seraient plus solides. Dans le même ordre d’idée, pourquoi gueuler que les femmes sont des profiteuses si à la moindre occasion de faire le cul béni, on leur prête main forte ? Si à la moindre poitrine abondante, on plie direct ? Ca c’est inefficace voyez-vous.

vieuxgars.jpg  
Bon n’allez pas jusque là non plus hein.

Le romantisme étant fortement ancré chez nous, il est non-naturel de ne pas aider une "faible femme" quand on est bien élevé. De même un mâle DOIT chercher à conquérir sinon il n’est pas normal c’est un peu une fiotte. Ben moi je dis merde à ça.

La contrepartie -toujours penser à l’équilibrage- c’est qu’il faut assurer des tâches non conformes à l’idée que l’on s’en fait, être à contre-courant de ses habitudes -gentiment- machottes et de la pression des pairs. Super pas évident mais il n’y a pas d’autres moyens et puis j’aime bien l’idée du "jeu social". Hey, si on changeait les règles ?

Et si les mecs arrêtaient de mater les nanas du moment où elles arrivent dans leur champ de vision jusqu’au moment où elles en sortent, avec les yeux lockés sur chaque forme mais faisaient plutôt ça discrètement comme elles, c’est à dire en mode ninja. Merde les gars, pensez ninja, efficacité, travail bien fait, polishing… Ca a plus de chances de fonctionner si par la suite vous l’abordez…


J’aimerais qu’il se prenne un chassé arrière dans la face oula, très fort. 

Et si on se mettait à gérer "les niveaux" de la maison (de nourriture, de linge sale, de bain-mousse, de gaz) à leur place ? Ca permettrait au moins de ne jamais se retrouver en manque de bières…

Tout cela est moins de la perf pure, le challenge de soulager sa copine est toujours -semble t-il- moins valorisant que de faire briller les yeux de son pote par exemple ("alors cet écran HD hein ? *claque dans l’dos* Pas un truc de PAYDAY CA"), alors ce comportement ne prend que difficilement, la gratification étant plus que faible

Mais ça vient, les hommes trentenaires aujourd’hui sont quand même moins bêtement intransigeants et bouchés-bornés que leurs ainés qui sont encore beaucoup en mode "maman-putain" (ce qui explique la tendance de femmes de la quarantaine à taper du fin de vingtaine début trentaine: moins d’emmerdes :p). On sent bien la transition qui est en train de se  mettre en place, le même sentiment parcourt l’ensemble de la planète masculine si j’en crois les potes, les blogs et le saint frusquin.

Aujourd’hui la compétition mondiale est tellement forte, la performance est tellement de plus en plus dure que nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus en vouloir, à tout prix. Je crois qu’inconsciemment les métiers "de la création et de l’audiovisuel" plaisent aussi pour cette raison: la compétition y est moins injuste, jugée par un tribunal populaire, le public selon des critères larges. Pas de chronos, pas de chiffres (enfin au début, huhu) pas de cheats.

Je sais ce que beaucoup d’hommes pensent à ce sujet. "quoi ? réduire le rythme pour attendre les autres ? Et puis quoi encore baisser notre froc pour nous faire sodomiser espèce de décadent, c’est de ta faute à toi et tes potes métro-fiottes si aujourd’hui par exemple l’occident est faible face aux mollahs, sale proto-hippie fumeur de weed !"

Ouais. M’enfin il va bien falloir passer outre ces conneries pour la simple et bonne raison qu’on est réellement inter-dépendants mondialement: les US sans la Chine ou le Moyen Orient sans l’Europe c’est pas possible. Or ils n’arrivent pas à nous rattraper (en Asie ils se déchirent pour, conséquence: ça va péter violamment), il faut donc bien qu’on ralentisse. Et que l’on tempère la haute température des rapports entre les peuples plutôt que de les porter à ébullition dans une course biaisée et stupide.

Et pour cette raison j’en veux aux générations antérieures de ne pas résoudre ou au moins prévenir les générations futures, de faire comme si, avec un grand sourire. 

Ce sera la troisième partie.

4 replies on “Le monde tourne mal Partie II: les hommes”

Le passage sur le mec qui te prend la tête est tout bonnement criant de vérité!

le gars qui sait tjs tout sur tout parce qu’on l’a formaté à le croire alors qu’en fait c’est qu’un pauvre pion incapable du moindre raisonnement objectif.

Mais putain sortons de la matrice! Viva la revolucion!

En fait si je résume la partie I et la partie II en trois mots, c’est: "soyons indépendants, bordel!", c’est bien ça? que les nanas sachent faire – et fassent – ce qui est habituellement dévolu aux mecs et inversement. Oui je sais c’est plus que résumé…

Sinon c’est marrant j’avais jamais perçu ça comme romantique le fait que les hommes "aident" les femmes, plutôt, selon les cas, bien pratique ou bien infantilisant ;-) (à bas le paternalisme)

Par contre le changement en cours… dans notre génération et notre milieu peut-être, n’empêche que je suis confrontée quasi tous les jours à des types qui me sortent des trucs du style "moi ma femme elle reste à la maison, je m’occupe de ce qui se passe à l’extérieur et elle à l’intérieur, de toute façon c’est moi qui commande " >_<

(c’est pas des gens représentatifs de la population française globale je sais mais bon)

Et ceux-là j’aime autant qu’on les attende pas… (ce paragraphe c’était juste pour confirmer ta dernière phrase!)

Oh mec je t’aime IOI

C’est super, ces idées dites d’une bouche masculine qui au lieu de répéter traduit fortement dans son style qu’il les a lui même imaginé et réfléchi.

notamment des petits passages, des formulations interessantes sur la machine social même au delà du rapport Homme/femme et aussi surtout ce que nous femmes ne pouvont pas faire, dénoncer les abus d’alienation virile des hommes entre eux! Et Dieu sait qu’ils se tiennent en otages avec ça versus l’épanouissement personnel.

Bonne continuation

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